Après la seconde guerre mondiale, la France a besoin de main-d’œuvre pour se reconstruire tandis que l’Algérie connaît une situation économique particulièrement difficile.
Sa population masculine migre vers la métropole pour travailler. Le flux, amplifié par l’arrivée de familles peu préparées à la vie en France, pose aux pouvoirs publics et aux services sociaux des problèmes nouveaux auxquels ils ne savent répondre.
Le ministère de la Santé publique juge nécessaire la création d’un service spécialisé, doté d’un statut privé pour lui assurer une plus grande efficacité, qui s’appuie sur l’expérience de personnes ayant une double compétence : le travail social et une expérience du milieu arabe et berbère.
Le Service social familial nord-africain naît en 1951.
Ce service social spécialisé a alors deux missions : une action d’accueil et d’accompagnement des familles ainsi qu’un rôle pédagogique envers les services sociaux polyvalents pour les aider à mieux appréhender la culture de ces populations.
Dans les premières années, le SSFNA aide les familles à s’adapter à la société française.
Les actions, essentiellement destinées aux femmes, privées de repères, portent sur la gestion du quotidien. Peu à peu, elles s’orientent vers des activités socio-éducatives qui apportent une dimension collective et permettent à ces expatriées de lutter contre leur isolement.
Années 70 et 80 : la diversification des besoins
Pendant deux décennies, le flux migratoire ne se tarit pas : outre la venue d’un million de personnes après l’indépendance de l’Algérie puis l’accélération du regroupement familial, les migrants arrivent désormais de l’ensemble du bassin méditerranéen et de l’Afrique subsaharienne.
La cessation par la France de l’immigration de main-d’œuvre en 1974 accroît la réunification familiale. Les besoins se diversifient et mutent aussi face à l’évolution des femmes, qui tendent vers l’autonomie.
Le SSFNA s’adapte à tous ces changements : en 1979, il consacre son ouverture à l’accueil des étrangers de toute nationalité en déposant de nouveaux statuts et en devenant l’ASSFAM (Association Service Social Familial Migrants).
Avec les lois de décentralisation de 1982 et 1983, l’association se régionalise : ses délégués régionaux traitent désormais avec les instances régionales de l’Etat et les collectivités locales.
Ce nouveau fonctionnement diversifie les projets locaux, et en conséquence les partenariats, mais complexifie la recherche de financement public.
Pendant cette décennie, malgré la fin de l’immigration de main-d’œuvre, les arrivées perdurent, notamment de réfugiés et de conjoints étrangers de Français. L’Assfam se positionne à contre-courant de certains avis en estimant que l’accueil garde toute son actualité. Elle renforce une coordination déjà étroite avec les services de droit commun afin de faciliter l’acquisition par les migrants d’une réelle autonomie, leur accès au droit et leur participation à la vie sociale.
De 1990 à 2005 : la politique d’intégration
Les changements s’accélèrent. En 1993, l’Etat initie des plans départementaux d’accueil animés par les directions départementales de l’action sanitaire et sociale.
Ce premier ancrage de l’action du service social spécialisé dans une démarche structurée associe l’ensemble des acteurs de l’intégration.
L’ASSFAM est alors désignée comme l’un des acteurs principaux de l’accueil des étrangers, rôle réaffirmé en 1999 lors de la mise en place des plateformes d’accueil, où les nouveaux arrivants peuvent accéder à une offre coordonnée de différents services adaptés à leurs premiers besoins.
Nouvelle impulsion en 2002, avec la création d’un véritable service public de l’accueil : l’Etat s’engage dans une politique d’intégration ambitieuse et confie à l’Agence Nationale pour l’Accueil des Etrangers et les Migrations (ANAEM) la charge du Service Public de l’Accueil. De plus, il propose à chaque étranger la signature d’un contrat d’accueil et d’intégration qui formalise les engagements réciproques des pouvoirs publics et du signataire.
Dans ce cadre, l’ASSFAM, après avoir émis des propositions sur le contenu de ce contrat, participe activement à ce dispositif et développe de nouvelles actions. En 2006, une politique de cohésion sociale s’ébauche avec la création de l’Agence nationale pour la Cohésion Sociale et l’Égalité des chances (Acsé, ex FASILD). L’ASSFAM signe avec ce partenaire une convention d’objectifs.
Depuis 2005
Face à toutes ces mutations, l’association a entrepris une réorientation stratégique, avec une politique de départementalisation en structurant ses modes d’intervention au niveau départemental et en proposant ses savoir-faire .
Elle développe aujourd’hui beaucoup d’actions en direction des acteurs de l’immigration (travailleurs sociaux, agents des collectivités locales, des bailleurs sociaux, etc.) et pas seulement des migrants eux-mêmes. Elle organise des sessions de formation autour de ses deux spécificités : le droit des étrangers et l’approche interculturelle. Elle diffuse également le jeu Distinct’go qui a pour objet de sensibiliser les jeunes aux problèmes de discriminations. Elle organise de nombreuse actions pour l’insertyion sociale et professionnelle des femmes immigrées et en direction des migrants âgés.
Depuis 2010, l’ASSFAM intervient dans des centres de rétention administrative (Ile-de-France) où elle apporte aux personnes retenues une aide effective à l’exercice de leurs droits.
L’Association remplit une mission d’intérêt général tout en demeurant fidèle à l’esprit qui a présidé à sa création : rester au service de ces familles venues d’ailleurs.
01. Soixante ans d’histoire
Après la seconde guerre mondiale, la France a besoin de main-d’œuvre pour se reconstruire tandis que l’Algérie connaît une situation économique particulièrement difficile.
Sa population masculine migre vers la métropole pour travailler. Le flux, amplifié par l’arrivée de familles peu préparées à la vie en France, pose aux pouvoirs publics et aux services sociaux des problèmes nouveaux auxquels ils ne savent répondre.
Le ministère de la Santé publique juge nécessaire la création d’un service spécialisé, doté d’un statut privé pour lui assurer une plus grande efficacité, qui s’appuie sur l’expérience de personnes ayant une double compétence : le travail social et une expérience du milieu arabe et berbère.
Le Service social familial nord-africain naît en 1951.
Ce service social spécialisé a alors deux missions : une action d’accueil et d’accompagnement des familles ainsi qu’un rôle pédagogique envers les services sociaux polyvalents pour les aider à mieux appréhender la culture de ces populations.
Dans les premières années, le SSFNA aide les familles à s’adapter à la société française.
Les actions, essentiellement destinées aux femmes, privées de repères, portent sur la gestion du quotidien. Peu à peu, elles s’orientent vers des activités socio-éducatives qui apportent une dimension collective et permettent à ces expatriées de lutter contre leur isolement.
Années 70 et 80 : la diversification des besoins
Pendant deux décennies, le flux migratoire ne se tarit pas : outre la venue d’un million de personnes après l’indépendance de l’Algérie puis l’accélération du regroupement familial, les migrants arrivent désormais de l’ensemble du bassin méditerranéen et de l’Afrique subsaharienne.
La cessation par la France de l’immigration de main-d’œuvre en 1974 accroît la réunification familiale. Les besoins se diversifient et mutent aussi face à l’évolution des femmes, qui tendent vers l’autonomie.
Le SSFNA s’adapte à tous ces changements : en 1979, il consacre son ouverture à l’accueil des étrangers de toute nationalité en déposant de nouveaux statuts et en devenant l’ASSFAM (Association Service Social Familial Migrants).
Avec les lois de décentralisation de 1982 et 1983, l’association se régionalise : ses délégués régionaux traitent désormais avec les instances régionales de l’Etat et les collectivités locales.
Ce nouveau fonctionnement diversifie les projets locaux, et en conséquence les partenariats, mais complexifie la recherche de financement public.
Pendant cette décennie, malgré la fin de l’immigration de main-d’œuvre, les arrivées perdurent, notamment de réfugiés et de conjoints étrangers de Français. L’Assfam se positionne à contre-courant de certains avis en estimant que l’accueil garde toute son actualité. Elle renforce une coordination déjà étroite avec les services de droit commun afin de faciliter l’acquisition par les migrants d’une réelle autonomie, leur accès au droit et leur participation à la vie sociale.
De 1990 à 2005 : la politique d’intégration
Les changements s’accélèrent. En 1993, l’Etat initie des plans départementaux d’accueil animés par les directions départementales de l’action sanitaire et sociale.
Ce premier ancrage de l’action du service social spécialisé dans une démarche structurée associe l’ensemble des acteurs de l’intégration.
L’ASSFAM est alors désignée comme l’un des acteurs principaux de l’accueil des étrangers, rôle réaffirmé en 1999 lors de la mise en place des plateformes d’accueil, où les nouveaux arrivants peuvent accéder à une offre coordonnée de différents services adaptés à leurs premiers besoins.
Nouvelle impulsion en 2002, avec la création d’un véritable service public de l’accueil : l’Etat s’engage dans une politique d’intégration ambitieuse et confie à l’Agence Nationale pour l’Accueil des Etrangers et les Migrations (ANAEM) la charge du Service Public de l’Accueil. De plus, il propose à chaque étranger la signature d’un contrat d’accueil et d’intégration qui formalise les engagements réciproques des pouvoirs publics et du signataire.
Dans ce cadre, l’ASSFAM, après avoir émis des propositions sur le contenu de ce contrat, participe activement à ce dispositif et développe de nouvelles actions. En 2006, une politique de cohésion sociale s’ébauche avec la création de l’Agence nationale pour la Cohésion Sociale et l’Égalité des chances (Acsé, ex FASILD). L’ASSFAM signe avec ce partenaire une convention d’objectifs.
Depuis 2005
Face à toutes ces mutations, l’association a entrepris une réorientation stratégique, avec une politique de départementalisation en structurant ses modes d’intervention au niveau départemental et en proposant ses savoir-faire .
Elle développe aujourd’hui beaucoup d’actions en direction des acteurs de l’immigration (travailleurs sociaux, agents des collectivités locales, des bailleurs sociaux, etc.) et pas seulement des migrants eux-mêmes. Elle organise des sessions de formation autour de ses deux spécificités : le droit des étrangers et l’approche interculturelle. Elle diffuse également le jeu Distinct’go qui a pour objet de sensibiliser les jeunes aux problèmes de discriminations. Elle organise de nombreuse actions pour l’insertyion sociale et professionnelle des femmes immigrées et en direction des migrants âgés.
Depuis 2010, l’ASSFAM intervient dans des centres de rétention administrative (Ile-de-France) où elle apporte aux personnes retenues une aide effective à l’exercice de leurs droits.
L’Association remplit une mission d’intérêt général tout en demeurant fidèle à l’esprit qui a présidé à sa création : rester au service de ces familles venues d’ailleurs.